Est-ce que le Québec coupe à la Trump ?

Publié le 27 janvier 2026

Dans un récent texte publié dans La Presse, Alexandre Sirois se pose une question simple mais pertinente : « Quelle a été votre réaction quand l’administration Trump a annoncé l’an dernier qu’elle sabrait l’aide internationale du jour au lendemain ? Découragement ? Indignation ? Colère ? ». Au-delà de ce constat, une interrogation plus personnelle apparait : quelle serait votre réaction si le gouvernement québécois adoptait les mêmes méthodes ?

À la suite des récentes coupes dans le programme Québec sans frontières (QSF) — qui, comme nous l’avons déjà partagé, ont amputé le budget du CISO de 45 000 $, soit un sixième de son budget —, ce texte nous semble pertinent pour nourrir la réflexion.

Évidemment, comme le souligne Alexandre Sirois, nous ne parlons pas de la même ampleur de coupure : « l’ampleur du financement supprimé par Québec n’a absolument rien à voir avec les sommes retranchées par l’administration Trump lorsqu’elle a mis la hache dans l’USAID – l’agence américaine pour le développement international.

On parle au Québec d’une somme globale d’environ 1,5 million de dollars (dont quelque 900 000 $ en 2025-2026, sur une enveloppe totale d’environ 1,8 million prévue pour cette période), alors qu’aux États-Unis, il s’agissait d’une saignée de plusieurs milliards de dollars américains. »

Cependant, là où on tire la sonnette d’alarme, c’est dans la méthode utilisée. L’administration Trump a coupé le programme USAID d’une manière directe, brutale, sans aucun respect pour les contrats en cours. Selon des études récentes, ces coupes drastiques ont déjà causé la mort de plus de 700 000 personnes, dont les deux tiers sont des enfants, et pourraient entraîner jusqu’à 14 millions de morts à l’avenir. Ces programmes sont pourtant très importants, non seulement sur le plan humanitaire, mais aussi pour stabiliser les pressions migratoires et protéger nos propres conditions de travail à l’échelle locale.

Comme l’explique le chroniqueur : « C’est l’approche utilisée par Québec qui rappelle celle de la Maison-Blanche : on retire des sommes cruciales qui avaient déjà été promises et, par conséquent, budgétées. »

Dans le cas du CISO, la rupture d’une entente en cours, en fin d’année financière, alors qu’une partie de ces montants ont déjà été dépensés nous semble très problématique et plonge l’organisation dans une grande incertitude.

Bien évidemment, de plus en plus de personnes s’entendent sur l’absurdité des politiques draconiennes de l’administration au sud de notre frontière et sur les dérives de son président, au vu de leurs conséquences dramatiques aux États-Unis et dans le monde. Mais, peut-on croire qu’elles influencent désormais nos propres décideurs et décideuses ? Nous croyons qu’il faut garder l’œil ouvert…

Nous vous invitons à lire le texte d’Alexandre Sirois en cliquant ici, pour mieux comprendre l’impact des coupes de QSF sur des organisations comme la nôtre.

Solidarité !